Alex-Mot-à-Mots

https://alexmotamots.fr/

Alex L., lectrice compulsive, presque anonyme.
Ayant une préférence pour les bons polars, mais aimant aussi les autres genres (sauf la SF, pitié....)

Une histoire d'amour

Buchet-Chastel

22,00
Conseillé par
1 novembre 2022

amour, dystopie

Je n’aurais, je pense, jamais ouvert ni lu ce roman si le prof de français de première de mon second ne l’avait proposé en lecture cursive.

Et je dois dire que j’ai été agréablement surprise par la richesse du texte et des thèmes abordés dans ce roman dystopique et historique.

Historique parce que l’auteure imagine les conditions de création par Mary SHELLEY de son Frankenstein.

Dystopique parce qu’une partie de ce récit se déroule dans un futur proche où des chercheurs plus ou moins fantaisistes tenteront de donner vie à l’IA.

J’ai aimé Ron Lord, le manager d’une start-up en vue qui vend des femmes pliables avec orifices vibrants pour les hommes avec beaucoup de recul, de réalisme et de calcul marketing. L’occasion pour le narrateur de saillies humoristiques.

J’ai trouvé Ry Shelley énigmatique : un personnage trans (ni Ryan ni Mary) narrateur du récit dystopique.

Victor Stein m’a fait peur, le chef de file de l’intelligence artificielle.

J’ai aimé les apparitions de la chanson Take it easy des Eagles dans certaines pages et sur différents supports au gré du texte.

J’ai aimé découvrir un peu la vie de Mary Shelley.

Un roman qui pose la question du corps : de notre rapport à celui des autres et au nôtre.

Quelques citations :

"Les alchimistes cherchent trois choses, dit Shelley : transformer le plomb en or, produire l’élixir de la vie éternelle et créer l’homoncule". (une créature qui n’est pas née d’une femme). (p.74)

"La souffrance est je crois la marque de l’âme". (p.75)

"Peut-être que les femmes participent à apporter la connaissance autant que les hommes, repris-je. Eve a mangé la pomme, Pandore a ouvert la boîte. Que serait l’humanité sans cela ? Un automate. Un bovin. Un pourceau satisfait". (p.137)

"Je découvre que le chagrin signifie vivre avec une personne qui n’est plus là". (p.343)

L’image que je retiendrai :

Celle du Pays de Galles qui semble être le pays idéal sur tous les plans pour fabriquer de nouveaux robots.

https://alexmotamots.fr/frankissstein-jeannette-winterson/

Conseillé par
1 novembre 2022

vie moderne

J’ai découvert cette branche de la restauration du côté des cuisines où tout n’est pas nickel (personne ne semble se soucier d’une fuite d’eau), où les équipiers s’ennuient parfois, où les chefs ont leur caractère.

J’ai eu plus de mal avec le père de la narratrice, homme taciturne qui s’exprime peu, puis de moins en moins au fur et à mesure des années.

J’ai trouvé dommage que la narratrice fasse intervenir parfois son frère Nico sans en dire plus.

Il ne se passe rien dans ces pages, ou pas grand-chose, mais j’ai aimé la mélodie du style.

J’ai aimé découvrir plus intimement ces travailleurs de l’ombre dont on ne parle jamais, mais qui sont indispensables au bon fonctionnement de l’entreprise, contrairement aux premiers de cordée.

Le problème des mains abîmées qui ne cicatrisent pas.

Ces travailleurs qui ne lâchent jamais, ce qui peut représenter un problème.

Enfin, j’ai aimé le message de l’auteure : c’est quand nous sommes trop en confiance que l’accident survient.

L’image que je retiendrai :

Celle de l’éternel problème des piles de jouets de fast-food.

https://alexmotamots.fr/en-salle-claire-baglin/

José Falero

Anne-Marie Métailié

22,00
Conseillé par
1 novembre 2022

drogue, marxisme

Les théories marxistes appliquées au trafique de drogue, ça peut fonctionner.

Dans les favelas de Porto Alegre, deux metteurs en rayon d’un supermarché Pedro et Marques vont se lancer dans la vente de cannabis dans leur favela respective. C’est un créneau qui n’était pas pris par les trafiquants de drogue car pas assez lucratif, alors qu’il y a de la demande.

J’ai aimé Pedro et ses discours marxistes qu’il applique à son business : tous les revendeurs et eux-mêmes, les organisateurs, toucheront le même salaire des revenus du trafic.

J’ai aimé Marques, le révolté, avec une femme et deux enfants qui veut juste avoir une vie meilleure.

J’ai aimé le style parfois proche de la parole qui donne un côté vivant aux dialogues (“Non mais regarde, oui, oui, oui, d’accord mais regarde, non, non, non, qu’est-ce que je disais, mais écoute-moi, écoute-moi, écoute-moi, ah, fermez vos gueules, laissez-moi parler, bande de cons !”)

J’ai été triste pour Luan, un des revendeurs, qui claque tout son argent avec des belles filles mais qui est attaché à sa vieille mère.

J’ai aimé le vieux Veio qui donne des conseils de vieux routier aux jeunes, notamment celui de ne pas trop saler la soupe que l’on mange toute sa vie.

Une lecture à la fois divertissante et intelligente sur une certaine idée du capitalisme.

L’image que je retiendrai :

Celle des goûters pantagruéliques à base de bonbons, de chocolats et de sodas que se font Pedro et Marques avec des produits du supermarché dans lesquels ils travaillent sans jamais les payer.

https://alexmotamots.fr/supermarche-jose-falero/

Sarah JOLLIEN-FARDEL

Sabine Wespieser Éditeur

20,00
Conseillé par
21 octobre 2022

famille, violences domestiques

Les Alpes suisses : les montagnes, les lacs aux milles couleurs, les villages nichés à flanc de collines, ses habitants taiseux, ses villages muets.

Jeanne est une petite fille qui grandit entre un père qui cogne fort, une mère qui se réfugie dans les livres et une grande sœur lointaine.

Oh, pas de grandes descriptions des moments de violences, juste quelques mots et la scène se grave en mémoire.

J’ai aimé la jeune fille qui fuit sa famille et poursuit ses études à Lausanne, découvre d’autres façons de vivre malgré son repli sur elle-même.

J’ai été triste des différents deuils qui la touche. L’auteure est parvenue à me faire ressentir la douleur du personnage.

J’ai haï le médecin de famille qui ne fait rien aux moments des faits.

J’ai aimé les lacs qui ponctuent la nouvelle vie de Jeanne une fois adulte.

Mais le plus violent dans ce roman, c’est de ne pas avoir le fin mot des histoires : de quoi rêvait la mère ? Pourquoi le père était violent ? Quand il n’y a pas de mots, là se trouve la violence brute.

Une citation :

"Il m’aimait donc vraiment. Il savait mieux que moi que cette Jeanne publique n’était que la démonstration de trop de douleurs". (p.190)

L’image que je retiendrai :

celle de la jupe bleue plissée achetée pour la communion, sa préférée.

https://alexmotamots.fr/sa-preferee-sarah-jollien-fardel/

7,80
Conseillé par
21 octobre 2022

île de Ré, policier

La douce île de Ré, ses plages, ses touristes à vélo, sa prison.

Victor Caranne est un des psychologues de cette prison où sont incarcérés les prisonniers français aux plus lourdes peines.

J’ai aimé découvrir certains prisonniers, leur passif et leurs problèmes.

Mais le récit s’ouvre avec la mort de son amante, Julia, femme de son meilleur ami Jonas Somb.

J’ai aimé les inspecteurs : Babiak et ses tenues extravagantes qui font mal aux yeux, son adjoint à la moustache crayon.

J’ai aimé suivre les méandres du raisonnement de Victor et le retournement final, insoupçonnable.

J’ai aimé les fêlures de Victor et son regard sur lui-même.

Quelques citations :

"Ce fut la partie de moi-même qui avait été blessée pendant l’adolescence qui posa les yeux sur le portrait de Julia, celle qui n’avait pas guéri à l’âge adulte, malgré les années de thérapie et les professionnels qui s’étaient efforcés de recoller les morceaux de ma psyché explosée". (p.113)

"J’avais beau savoir que chacun, sur cette terre, recycle la souffrance, remet en circulation son propre désespoir, et qu’en somme le mal originel n’existe pas ; (…) qu’il faut pour briser le cercle bien du temps, bien de l’écoute, bien de l’amour". (p.274)

L’image que je retiendrai :

celle de Marcus, ex-détenu au physique imposant que Victor prend sous son aile.

https://alexmotamots.fr/somb-max-monnehay/