Soigner les institutions
EAN13
9782373670189
ISBN
978-2-37367-018-9
Éditeur
Arachnéen
Date de publication
Nombre de pages
397
Dimensions
24 x 16,5 x 2,6 cm
Poids
762 g
Langue
français
Fiches UNIMARC
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Soigner les institutions

Arachnéen

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Soigner les institutions psychiatriques héritées du XIXe siècle, soigner les malades en soignant l’institution, faire des patients psychotiques les coauteurs de leur prise en charge ainsi que des participants actifs à la vie collective de l’institution : telle fut la visée de la révolution culturelle menée par François Tosquelles (avec d’autres soignants, des poètes, des résistants et les patients eux-mêmes) à l’hôpital de Saint-Alban en Lozère pendant la Seconde Guerre mondiale. Le nom de « psychothérapie institutionnelle » fut donné à ce courant de la psychiatrie qui partagea avec (et contre) l’antipsychiatrie la revendication de la dimension humaine de la folie.
La légende de Saint-Alban est connue. Ce livre en dévoile des aspects sous-estimés, comme celui du rôle des femmes dans la vie quotidienne et thérapeutique de l’hôpital, ou troubles, comme celui des débuts de l’art brut. Il restitue surtout à François Tosquelles (né à Reus en 1912) son histoire et son œuvre catalanes, ou plutôt ce qui, de l’histoire de la Catalogne qui fut aussi la sienne dans les années 1920 et 1930, fut directement versé à la révolution psychiatrique française : l’avènement de la seconde République espagnole, l’intense vie militante et culturelle des milieux anarchistescatalans, la présence à Barcelone de nombreux psychanalystes juifs d’Europe centrale, la guerre d’Espagne, à laquelle Tosquelles participa comme psychiatre aux côtés des républicains antifranquistes et antistaliniens.
Joana Masó a réuni dans cet ouvrage un corpus de textes de Tosquelles dont certains étaient introuvables et d’autres jamais traduits. Des analyses militantes aux réflexions cliniques en passant par les essais sur la poésie ou la théologie, ces textes parcourent toutes les époques et restituent l’envergure de la pensée de ce « glaneur », tel qu’il se définissait lui-même. L’iconographie livre une partie des images dont cette histoire est faite : territoires, situations, personnages, objets. L’ensemble fait entendre une action et une voix fortes, qui résonnent dans la lutte actuelle contre le déni de la folie.
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