Une rétrospective

Juan Gabriel Vásquez

Seuil

  • Conseillé par (Libraire)
    21 septembre 2022

    Ils ont dû quitter l'Espagne de Franco, affronter la dictature de Trujillo en République Dominicaine ; ils ont vécu au plus près la Chine communiste de Mao, le Paris agité de mai 68; ils ont combattu aux cotés de la guérilla des FARC en Colombie ... La famille Cabrera s'est frottée dangereusement aux soubresauts de l'Histoire du XXème siècle. Pendant la Révolution culturelle à Pékin les parents Cabrera ont même laissé seuls leurs deux enfants encore adolescents comme pupilles du gouvernement chinois .
    Sans jugement politique, avec un grand art de la nuance, par une construction habile et limpide, Vasquez nous décrypte l'histoire de cette famille hors du commun. Leur idéal révolutionnaire pourra-t-il survivre aux forces du réel ?


  • Conseillé par (Libraire)
    8 septembre 2022

    Dans son dernier roman d’une puissance narrative remarquable, Juan Gabriel Vasquez poursuit ce qui a toujours été au cœur de son œuvre : la rencontre entre l’intime et la grande marche de l’Histoire, comment ses forces obscures agissent sur nos vies et dans quelles proportions elles les conditionnent ?
    Le héros de « Rétrospective » est le célèbre cinéaste colombien Sergio Cabrera avec lequel il entretient depuis de nombreuses années une profonde amitié. Roman biographique certes, mais aussi historique, psychologique et éminemment politique, le roman explore une existence hors du commun et révèle une aventure personnelle fascinante portée par un souffle romanesque incomparable.
    A 66 ans, Sergio est l’invité d’honneur de la Cinémathèque de Barcelone qui organise une rétrospective de son œuvre. Ce retour sur la terre natale qui coïncide avec le décès de son père Fausto, est l’occasion de revenir sur le destin incroyable d’une famille engagée et d’une enfance marquée par les grands mouvements du XXème siècle.
    Maoïstes convaincus, Fausto et Luz Elena ont fui le régime franquiste et s’exilent en Colombie où naîtront deux enfants, Sergio et Marianella. A peine sortis de l’enfance, Sergio et sa famille débarquent en Chine pour parfaire leur « désembourgeoisement » et accomplir ce que leur père appelle « leur transformation idéologique et sentimentale ». En pleine révolution culturelle, l'adolescent sera tour à tour garde rouge, ouvrier en usine et suivra un entraînement militaire intensif qui doit servir à la cause révolutionnaire latino-américaine. Agé de 20 ans, il retourne en Colombie et intègre l’Armée populaire de libération pour combattre trois ans dans la jungle au péril de sa vie. Mais la désillusion et le désenchantement le guettent . Il s’émancipe finalement des valeurs paternelles et deviendra un des cinéastes les plus appréciés de son pays.
    «Une rétrospective » est un roman fascinant, une épopée inimaginable qui permet de voir ce que l’histoire ou le journalisme ne peuvent exprimer. Pour ce grand écrivain colombien c’est une des vertus de la littérature: raconter le côté caché de la réalité visible.
    MAGISTRAL


  • Conseillé par
    19 août 2022

    "l'enfer à l'école et le paradis à l'hôtel".

    Roman très documenté et agrémenté de photos en noir et blanc relatant la vie incroyable de Sergio Cabrera, réalisateur et guérillero maoïste par un père idéaliste convaincu, évoquant son enfance avec sa sœur dans l’Histoire de la révolution colombienne. Une famille dévouée à Mao, courageuse et prometteuse face à une succession de malheurs entre la Colombie et la Chine, décidée à libérer le monde.

    Immersion haletante dans l’enrôlement et l’entraînement des membres de la garde rouge, dans le quotidien des guérilleros révolutionnaires. Que penser de la responsabilité d’un père entrainant aveuglément ses enfants en environnement hostile et dangereux par idéologie.

    Malgré quelques répétitions et longueurs, l’éloquent et intelligent récit de Juan Gabriel Vasquez rend la lecture fluide et intéressante

    « Toute une génération de latino-Américains avaient voué leur vie à une cause titanesque »
    « Marianella versa des larmes d’adolescente amoureuse tout en songeant qu’il n’y avait rien de plus contre-révolutionnaire que de se laisser distraire par l’amour »